Pourquoi j’ai décidé de vendre ma voiture pour me mettre (sérieusement) au vélotaf

Premier article de ce site, il fallait bien commencer par une petite explication. Récemment, j’ai vendu ma voiture pour ne plus faire mes trajets du quotidien qu’à vélo. Pourquoi, comment ? Réponse.

(Petite précision : chacun fait bien ce qu’il veut, je ne fais la leçon à personne — sauf ceux qui squattent les sas vélo bien sûr). Mais si mon cas peut aider des indécis à se lancer, c’est cool)

Existe-t-il sur Terre une voiture qui dit plus « J’ai des gosses, je m’en fous qu’ils mettent des miettes dedans » qu’un C4 Picasso ?

Alors, un peu de contexte pour débuter : je n’ai jamais été un adorateur de la bagnole, je n’ai pas été élevé par des parents qui regardaient Auto-Moto le dimanche, et la voiture a toujours été pour moi un moyen de se déplacer et rien de plus. Du coup, me séparer de mon véhicule n’était pas un « sacrifice », puisqu’il s’agissait d’un objet pratique mais dont je n’étais fan, que ce soit du moteur ou de la ligne.

Cependant, force est de constater que depuis mes 18 ans, j’ai toujours eu une voiture : une Punto (rouge qui a viré au rose avec le temps), une 205, une Smart Forfour, une Fiesta, une Série 1 (ai-je conduit comme un c*nnard avec celle-ci et pas avec les autres ?), un Captur et un C4 Picasso. Oui, il y a un avant et un après naissance de mon premier enfant.

J’ai vécu à Lyon jusqu’en 2018, et je ne me suis jamais posé la question « Me faut-il ou non une voiture ? ». Puis je suis parti à Paris. Là j’ai tout fait en transports en commun, la voiture bougeant principalement deux fois par mois, quand il fallait la changer de côté dans la rue, puisque je vivais dans une rue en stationnement alterné semi-mensuel. Une idée à la con ce système ? Oui, mais au moins je faisais régulièrement tourner le moteur, sinon clairement, le C4 prenait la poussière et les toiles d’araignées.

La voiture ne me manquait pas, et si j’avais fait beaucoup de vélo étant jeune, et quelques fois à Lyon pour de courtes distances, je n’avais jamais vraiment fait de vélotaf. Je me suis lancé à Paris : durée théorique, 25 minutes. Premier trajet, un scooter (dont le conducteur regardait derrière lui pour engueuler une voiture, véridique, je l’ai entendu gueuler « nique ta mère ! ») me coupe la route. Soleil. Mal au dos mais rien de plus grave. Attroupement. Une mémé qui hurle « SAC À MERDE » au conducteur du scoot, au final extrêmement désolé de la situation (ça peut paraître une évidence mais j’avoue avoir un instant craint qu’il ne rejette la faute sur moi). Autant dire que je ne l’ai plus refait.

Puis en 2019, changement de destination, Nantes (coeur avec les doigts). Là, je découvre une ville superbe, bien plus cyclable que Paris (je ne dis pas parfaite, mais qu’est-ce qu’on s’y sent bien à vélo). Avec des gens adorables. Je bosse alors en télétravail (même avant le COVID) pour mon employeur parisien, mais j’ai mes enfants à déposer à l’école puis chez la nounou. La voiture reste encore au garage : ce sera en vélo cargo, loué auprès de Bicloo, et/ou avec mon vélo de ville agrémenté d’un siège à l’avant, un siège à l’arrière.

Résultat ? Un an à avaler les kilomètres à vélo, un vrai changement dans ma façon de concevoir les déplacements, du bonheur à chaque sortie ou presque. Alors oui, à Nantes aussi, les gens se garent sur les pistes cyclables, les infrastructures sont parfois alambiquées, il pleut souvent, mais purée quel pied de ne plus être enfermé dans une bagnole…

Sauf que la vie nous ramène à Lyon, pour des raisons professionnelles. Mais aussi parce que Lyon c’est « ma » ville, donc retour avec le sourire… Ma femme et moi envisagions alors de vendre le C4 Picasso, qui sortait une fois ou deux par mois de son parking nantais. C4 Picasso qui coûtait : 500 balles de crédit (!), 80 euros d’assurance et 110 euros de parking. Sans compter le carburant et l’entretien. Soit 700 à 800 euros par mois. Eh oui : une voiture, ça peut aussi vous empêcher de partir en vacances.

Or, depuis septembre, je vis dans le Vieux Lyon et je travaille à Vénissieux, soit 10 km. Sans doute parce que je n’avais jamais pensé Lyon autrement, je prenais la voiture tous les jours de nouveau, avec un enfant à déposer à la crèche, le grand allant à l’école juste à côté. J’avais toujours mon quotidien à vélo nantais à l’esprit, en mode « ah ça manque quand même, mais c’est pas possible ».

Puis j’ai participé à une conférence de presse du président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, annonçant l’extension de la ZFE à venir à Lyon avec, à terme, l’interdiction dans son périmètre central des véhicules Diesel. Dont fait partie le fameux C4.

Ça m’a fait cogiter. Déjà, parce que le fameux C4, à mesure que la date approchait, allait finir par valoir trois cacahuètes. Ensuite, parce que c’est vrai, la bagnole ça pollue et que si tout le monde dit « bah MOI JE peux pas faire autrement », on s’en sortira pas. Enfin, parce que si je suis honnête, même sans prendre le vélo tous les jours, je peux aller travailler en transports en commun, et marcher 20 minutes pour déposer mon fils à la crèche.

Donc concertation familiale, décision de vendre la voiture rapidement, après un mois et quelques de test à la laisser au garage. Tout y est passé : déplacements domicile/travail, rdv chez SOS Médecin à 23h, visite chez les parents, courses… Bilan : à Lyon, on peut tout à fait se passer d’une voiture. C’est facile à dire comme à faire, en s’organisant et en changeant de schéma mental. Et pourtant je coche pas mal de cases « Oui mais » :

  • j’ai 2 enfants en bas âge ;
  • mon travail est à 10 km de mon domicile ;
  • mes parents ne vivent pas dans Lyon ;
  • j’ai des courses à faire ;
  • des fois il pleut à Lyon ;
  • des fois il fait trop chaud ;
  • parfois j’ai la flemme ;
  • dans le cadre de mon travail, je dois me déplacer…

Et pourtant, pendant ce mois de test sans véhicule, je n’ai JAMAIS été dans la merde parce que je ne voulais pas sortir la voiture. Résultat, le C4 Picasso a été vendu, je me suis adapté, j’ai ressorti le vélo et pris les transports en commun lorsque la flemme était trop grande.

Le produit de la vente du C4 a financé deux VAE longtail, pour que ma femme et moi soyons en mesure de rouler avec les enfants et/ou des courses. Et tout le monde s’en porte bien/mieux !

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